Extraits des textes que Claude BELLEVILLE
publia dans le "Bulletin Municipal"



Le contenu de ces articles paraît ici avec l'accord de leur auteur. Je lui en sais gré et ne doute pas que les visiteurs du site l'en remercie(ro)nt !



Bovelles au fil du temps

année ?, Bulletin municipal n° .., pages ...


  • [...] Voici quelques faits de l'histoire de notre village. Faits respectant la stricte chronologie [...].
    En vous rappelant que l'histoire locale ne devient compréhensible qu'avec une bonne connaissance de l'Histoire générale de notre pays. "Notre passé est une aventure." C'est à celle-ci que je vous convie.

  • Au temps d'Astérix

  • Aucune information pour notre village quant aux temps préhistoriques.
    D'après l'"Altlas d'Archéologie aérienne" de Mr AGACHE :
    - à l'emplacement du cimetière s'élevaient quelques huttes gauloises (la tribu gauloise qui régnait sur notre région était celle des Ambiens),
    - entre Bovelles et Guignemicourt, une construction gallo-romaine,
    - entre Bovelles, Pissy et Clairy, une villa gallo-romaine.
    Cet atlas indique aussi une voie romaine. S'agit-il de celle citée par les auteurs romains et reliant Amiens (Samarobriva) à Londinières ? De toute manière, elle ne devait pas suivre le tracé du C.D. 211 actuel, mais peut-être plus au nord et passer vers la "Ferme de St-Christ".

    Signalons, près de chez nous, le "Camp César" de La Chaussée-Tirancourt, oppidum gaulois du type éperon barré qui devient camp romain. Celui-ci protégeait la route de l'étain qui suivait la vallée de Samara (la Somme ?). Le grand projet "Samara" concerne cet endroit.

  • Au temps de "La chambre des dames"

  • Aucune information quant aux Grandes Invasions ou aux Vikings qui pourtant ont remonté la Somme et pillé notre région (St-Riquier, Corbie).

    Bovelles, village du Moyen-Age, se dressait où ? Plus à l'ouest ? autour du cimetière ? Plusieurs faits militent dans ce sens :
    - présence du cimetière autour de la Chapelle (église du village ?)
    - signes d'habitat : une mare et un puits (signalés dans la notice géographique et historique de 1899 sur laquelle nous reviendrons)
    - un coup d'oeil sur les feuilles d'assemblage du plan cadastral montre que la position actuelle de Bovelles par rapport à l'ensemble du terroir du village est excentrée. Alors que Bovelles, autour du cimetière, est plus au centre de ce terroir.
    Ce village aurait été détruit au début du 17ème Siècle. Pour éviter une nouvelle destruction, on aurait reconstruit à l'écart de la route.


    Quelques faits authentiques, maintenant :
    * Différents noms : Botvelle (1105), Bovella (1178), Bouelle (1301)
    * Organisation ecclésiastique : Paroisse du doyenné de Picquigny, archidiaconé et diocèse d'Amiens. Le curé avait 8 gerbes sur 18, l'Hôtel-Dieu d'Amiens 4 et les 6 autres appartenaient à 2 chapelains de la Cathédrale d'Amiens.
    * Organisation civile : Prévôté de Beauvaisis à Amiens et bailliage d'Amiens. Election d'Amiens et intendance de Picardie.
    * Seigneurie : Le plus ancien seigneur connu est Robert de RIENCOURT, en 1297, seigneur en partie. Puis Gilles de LOVEROY, Jean de LOVEROY, ...
    Dès 1364, Jacques COMPERE, bourgeois d'Amiens, était aussi seigneur. Puis François de BILQUES ...
    Quant au nombre d'habitants, pas d'information (la plus ancienne indication donne 400 habitants en 1698).
    Enfin, la proximité du château de Picquigny, château-fort, a dû influencer la vie au Moyen-Age de notre village. (Il y avait un souterrain partant du cimetière et arrivant au château de Picquigny ?)
    Par ailleurs, à Saisseval, la place du village s'appelle "la Maladrerie". Il y avait là, à cette époque, une léproserie.
    (Renseignements recueillis dans le "Dictionnaire Historique et Archéologique" des Antiquaires de Picardie).


    année ?, Bulletin municipal n° .., pages 8 et 9


  • Au temps de la Renaissance

  • Après la longue période moyen-âgeuse (5ème au 15ème Siècle), voici venu le temps de GUTENBERG, Christophe COLOMB, LUTHER, CALVIN, ...
    Bovelles fut troublé par les Guerres de Religion : "En 1594, les revenus de la terre de Bovelles furent donnés à Saisseval parce que François de BOUBERS était du parti contraire à la Ligue, mais ce fut très temporaire, car dès 1596, on retrouve François de BOUBERS, puis ses descendants jusqu'à Marie-Thérèse de BOUBERS, dame de Mélicoq, Bovelles et autres lieux." (Dictionnaire des Antiquaires de Picardie)

    Cet ouvrage nous indique aussi : "Au cimetière, la chapelle en pierres pourrait être de la fin du 16ème Siècle. La porte principale est en plein cintre ; un larmier règne sur la façade, se contournant en archivolte au-dessus de la porte ; l'intérieur est plus bas que le sol, la nef est voûtée en bois recourvert d'enduit, avec entraits et poinçons apparents, blochets, le tout grossièrement travaillé. Cette chapelle passe pour avoir été l'église du village qui se serait déplacé."

    En 1636, année de la prise de Corbie par les Espagnols ; ceux-ci rançonnèrent Guignemicourt, Oissy et Riencourt. Ces villages sont proches de Bovelles. Pas de traces de rançon pour Bovelles. Aurait-on refusé ? Le village aurait-il alors été détruit puis reconstruit à l'emplacement actuel ?

  • Au temps des monarques absolus

  • Apparaissent plusieurs écritures pour le nom du village : Bouelle (1648), Brouelle (1741), Bouvelles, Bouelles, notamment sur les registres d'Etat-Civil.
    A noter aue la Mairie possède l'ensemble de l'Etat-Civil du village de 1660 à nos jours (Registres reliés, actes bien conservés et lisibles).

    Quelques renseignements sur le nombre d'habitants : 400 en 1698, 292 en 1724, 322 en 1726 et 328 en 1772.

    En 1769, la seigneurie comprenait maisn seigneuriale et bâtiments divers, cours, jardins, pourpris, terres, bois, censives, ... relevait de Boves en pairie pour une partie, d'Oissy pour une autre, et de Picquigny en 2 fiefs pour une troisième qui consistait en bois dits "Bois des Ailes" de la forêt d'Ailly.

    En 1769, Charles Louis Emmanuel de la FONS des ESSARTS, chevalier seigneur de Vaugenlieu, Marais, Bovelles et autres lieux, vendit la terre et la seigneurie à Jean Baptiste VACQUETTE de GRIBEAUVAL. Celui-ci (1715-1789), chevalier, lieutenant-général des Armées du Roi fit construire le château de Bovelles. Les bâtiments de service (ferme actuelle du château) étaient destinés au logement de 100 hommes à cheval auxquels avait droit le général.

    Le château fut construit à partir de 1780. Au point de vue architectural, il appartient aux constructions de cette époque dites "de briques et de pierres". Les briques nécessaires furent confectionnées à Bovelles (briquetterie anciennement sise à l'emplacement de la propriété de Monsieur BELLETTRE, ce qui explique la déclivité du terrrain) et la chaux venait d'un four toujours visible près de la décharge.

    A l'intérieur du château, dans la salle-à-manger, on peut voir un poêle autrichien, en faïence qui nous rappelle que le général de GRIBEAUVAL de par ses fonctions voyagea beaucoup. Ce poêle, par un système de canalisations, chauffe le sol de plusieurs pièces.

    A noter aussi la charpente assemblée sans un clou et tout en châtaigner (pour éloigner les insectes et les araignées).

    A l'arrière, on trouve un arbre aussi âgé que le château lui-même. Et plus loin, d'un point du parc partaient 7 allées au bout desquelles on pouvait apercevoir les clochers des villages voisins de Bovelles. Ceci a disparu, mais on en retrouve encore trace sur le plan cadastral du village.

    Premier inspecteur de l'Artillerie, le général de GRIBEAUVAL réorganise entièrement cette arme et dote l'armée française d'un matériel qui fit toutes les campagnes de la Révolution et de l'Empire. Napoléon Ier a reconnu avoir remporté maints succès grâce au "canon Gribeauval".

    A la mort du général, sa soeur, Mademoiselle VACQUETTE de FRÉCHENCOURT, hérita du domaine. Elle mourut, célibataire, peu d'années après. Par divers legs, le domaine passa à la famille du BOS.

    Près de l'église, existe encore l'ancien manoir seigneurial ayant appartenu à la famille ROMANET. C'est une construction en briques du 18ème Siècle n'ayant qu'un étage mansardé sur rez-de-chaussée (château PERDU).


    année ?, Bulletin municipal n° .., pages 8 et 9


    2 siècles encore pour en revenir au temps présent. De la Révolution à maintenant, en passant par l'Empire, les derniers rois et les diverses républiques. Les documents (écrits, bâtiments, témoignages) se font plus nombreux [...].
  • 1790 : Bovelles est chef-lieu du 4ème canton (district d'Amiens).
    Le canton comprend 18 communes : Bovelles, Saisseval, Ferrières, Saveuse et Toulay, Saleux, Salouël, Pont-de-metz, Clairy-Saulchoix, Creuse, Guignemicourt et Le Quesnel, Rumesnil, Taisnil, Fluy, Seux, Pissy, Revelles et Gournay, Briquemesnil et Floxicourt.
  • Bovelles était alors 8ème Justice de Paix.
  • 1815 : Plan du village et de son terroir, établi sous l'autorité du baron de la TOUR du PIN, préfet. On y voit la rue Sotte et la rue Neuve en impasses, l'emplacement du moulin-à-vent, la mare devant l'école, ...
  • 1866 : Accord du Conseil Municipal pour la construction d'une nouvelle église en lieu et place d'une église jugée trop petite et en mauvais état. "Le conseil de fabrique" et Monsieur de FRANCQUEVILLE offrent ce bâtiment à la commune (coût 100.000 Francs). Pendant les travaux, les paroissiens suivaient les offices dans la chapelle du cimetière.
    Un an plus tard, décision de construction du presbytère et de la cabane à pompe.
  • 1880 : Le Conseil Municipal vote la construction d'une mairie-école avec logement de fonction pour l'instituteur (C'est l'actuelle propriété de Monsieur Georges DHONDT, près de la mare).
  • 1899 : Extraits de la notice géographique et historique rédigée par Monsieur DUPUIS, instituteur :
  • "La population de Bovelles vit avec une certaine aisance que l'on remarque à première vue. Chaque chef de famille est pour ainsi dire propriétaire de sa maison et souvent même de certians petits immeubles qui lui rendent la vie plus facile. Le Bureau de Bienfaisance aui a peu de ressources, du reste, ne vient en aide qu'à quelques vieillards peu aisés ou à 2 ou 3 familles nombreuses. L'instruction y est assez répandue.
    La vie y est facile : on y trouve tout ce dont on a besoin. Les gens d'état et les commerçants y sont nombreux : 3 boulangers, 4 charcutiers, 4 épiciers, 2 maréchaux, ...
    C'est un village qui prendrait certainement de l'extension si quelque industrie venait à s'y établir."
  • 1914-1918 : Bovelles, comme les villages voisins, est un village-repos pour les combattants. Un aérodrome était installé à proximité du cimetière.
  • Après la Guerre, on érigea le Monument aux Morts, construit sur un ancien puits.
  • 1925 : On commence l'électrification du village.
  • 1935 : C'est le tour de l'adduction d'eau.
  • 1941 : On achève le remembrement des terres.
  • 1939-1945 : Les Allemands ont occupé le village et s'étaient établis au château et chez PERDU. Devant le château, poussèrent les "asperges ROMMEL".

  • Bovelles possédait son moulin-à-vent dont il ne reste que l'emplacement (sortie du village, vers Guignemicourt, bosquet à gauche). Les ailes n'ont plus tourné quelques années après la Première Guerre Mondiale. Durant la dernière guerre, la tempête a mis bas la moulin, et les vestiges en ont été dispersés.

    Le village sera desservi jusqu'en 45 par un "tortillard" (ligne Amiens-St-Roch / Beaucamps-le-Vieux). Il y avait la gare de Guignemicourt-Bovelles (toujours visible entre les 2 villages) et l'arrêt Pissy-Bovelles du lieu-dit "La Grimpette" (sur la route Bovelles-Pissy). Ce moyen de communication sera remplacé par un service régulier d'autocars.
  • Evolution de la population de Bovelles de 1836 à 1936 (d'après les recensements) :
    1836 : 580 habitants
    1851 : 539
    1872 : 461
    1881 : 408
    1906 : 290
    1911 : 253
    1921 : 243
    1926 : 250
    1931 : 217
    1936 : 233 Derniers recensements : 1968 : 206 habitants
    1975 : 241
    1982 : 273
    Actuellement, le village doit compter 300 habitants.


    année ?, Bulletin municipal n° .., page 7


  • Extrait d'une lettre de Georges BAYARD (fils de Mme Denise BAYARD) :

  • "Savez-vous que les Uhlans ont martyrisé Bovelles en 1870 ?
    Mon arrière grand-père, que je n'ai pas connu, était échevin à l'époque. Les Uhlans, sans doute pour se venger de l'action des francs-tireurs, ont attaché les conseillers municipaux aux arbres de la place, ont apporté au milieu d'eux un tronc de saule creux, bourré de poudre et l'ont fait exploser.
    Mon bisaïeul n'a eu ... qu'un oeil crevé. J'ignore quel a été le sort des autres."

    Qui peut apporter les détails sur cette triste affaire ?

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  • Savez-vous pourquoi on a mis une porte à claire-voie à la chapelle du cimetière ?
    Certains disent que c'est parce que la vierge de la chapelle ne voulait pas être enfermée.

  • Qui peut donner des précisions quant à cette légende ?

    ----------------

  • Des sarcophages en grès ont été trouvés à l'époque de la guerre 1914-1918 au chemin de Picquigny.
  • Qui pourrait nous renseigner ? Comment cela s'est-il produit ? Que sont devenus ces sarcophages ?


    année ?, Bulletin municipal n° .., pages 8, 9 et 10


    Il y a 200 ans, c'était la Révolution. [...]

    Et à Bovelles en 1789, que s'est-il passé ? Nous allons essayer de répondre à cette question à travers un cahier et un personnage.

  • Louis XVI a convoqué les Etats-Généraux du royaume pour le 5 mai 1789, à Versailles. Les élections des députés à ces Etats s'accompagnent, début 1789, de la rédaction de cahiers de doléances, un par paroisse. Il y en aura 40.000. Participeront à leur rédaction les hommes de plus de 25 ans inscrits au rôle des impositions. Les cahiers des paroisses seront regroupés au niveau des bailliages et on n'enverra à Versialles que les cahiers des bailliages, résumés de doléances de la circonscription électorale.

  • Le cahier de doléances de Bovelles a été rédigé le 15 mars 1789, contient 24 pages et se termine par 18 doléances :
    1. Aux Etats-Généraux : vote par tête et non par Ordre
    2. Abolition des privilèges du Clergé et de la Noblesse par rapport aux impositions
    3. Rendre la dîme à l'Etat
    4. Rachat du champart
    5. Regroupement des impositions sur le sol
    6. Suppression de la gabelle, des aides et péages
    7. Réforme de la justice
    8. Cour de Justice par bailliage ou sénéchaussée
    9. Suppression de toutes sortes de juridictions
    10. Création d'un corps constitutionnel qui veillera au maintien des lois
    11. Suppression du code des chasses
    12. Droit de planter sur les chemins ... (illisible)
    13. Rétribution des curés et vicaires
    14. Pension "honnête" pour les moines
    15. Suppression des droits seigneuriaux
    16. Remise des biens du Clergé à la commune
    17. ... (illisible) semble concerner la suppression d'une redevance à payer au Pape
    18. Administration des provinces par des Etats provinciaux

    En résumé, et comme dans beaucoup de cahiers, il est demandé essentiellement une réforme des impôts et de la justice, l'abolition des privilèges (dîme, champart, gabelle, aide, péage = impôts)
    Source : Photocopie du cahier de doléance de la paroisse de Bovelles

  • Quant au personnage, il s'agit de Jean Baptiste VAQUETTE de GRIBEAUVAL qui a fait construire le château de Bovelles.
  • Une transcription dans le registre de l'Etat-Civil pour l'année 1789 nous indique que GRIBEAUVAL est décédé à Paris le 9 mai 1789 en son hôtel.
    Cet acte nous rappelle ses titres et fonctions :
    Grand Croix de l'Ordre de Marie-Thérèse d'Autriche, Général de bataille commandant d'Artillerie, Grand Croix de l'Ordre Royal et Militaire, Lieutenant Général des Armées du Roi, Inspecteur Général du Corps royal d'Artillerie, ...
    Un ouvrage récemment paru, "Le temps de St-Domingue" de J. THIBAU, évoque notre personnage :
    Grâce à ses canons, les armées révolutionnaires ont gagné à Valmy, BONAPARTE a vaincu à Austerlitz. Ce livre nous apprend aussi que le génial artilleur fut en 1789, comme CONDORCET, partisan de l'abolition de l'esclavage. Mais la maladie l'empêcha de soutenir efficacement cette position.

  • Bovelles a célébré à sa manière le Bicentenaire de la Révolution : plantation de l'Arbre de la Liberté, "Dansons la Révolution" lors de la fête de l'Ecole, embrasement de la Bastille le 14 juillet.


    année ?, Bulletin municipal n° .., pages 10 et 11


  • L'école de Bovelles

  • L'année 1990 a vu le Conseil Municipal délibérer plusieurs fois sur des questions scolaires. Au siècle dernier, les édiles durent aussi se prononcer sur de tels problèmes, notamment sur la construction d'une école et d'un logement.

    Le 13 février 1842, le C.M. se réunit afin de décider l'achat d'une maison, propriété du sieur HERBET Aimé, sise en bout du pré, pour en faire une maison d'école. Les conseillers donnèrent leur accord vu l'expiration proche du délai accordé aux communes pour se doter d'une école et d'un logement. Le montant de cet achat : 2700 F., plus 270 F. de frais, plus 857 F. pour les réparations, soit une dépense totale de 3827 F. Mais il est décidé aussi de prendre l'avis des "plus forts contribuales" de la commune. Ceux-ci, au nombre de 11, le même jour, rejetèrent cette décision "vu que la propriété n'était pas au milieu du village".

    Le 27 juillet 1842, les conseillers décidèrent de nommer Mr LEBLOND, instituteur en remplacement du sieur JAZET, avec traitement annuel de 200 F., plus une indemnité de 90 F.

    En 1844, le 11 février, les édiles se réunirent toujours pour prendre une décision quant à l'école et au logement de fonction. Cette fois-ci, il s'agit de se prononcer sur l'acquisition de la maison SELLIER Pierre, place de l'Eglise, pour la somme de 3000 F., plus 300 F. de frais. Le Conseil Municipal donna son accord et les "plus forts contribuables" convoqués le même jour, ne s'y opposèrent point. Cette maison devait devenir le logement de l'instituteur.
    Pour la classe, les délibérations du 8 mai et du 28 juillet 1844 indiquent que la commune achètera un terrain contigu à la propriété du sieur SELLIER (1).

    Le 17 novembre 1844, les conseillers acceptèrent l'offre faite par Monsieur de FRANQUEVILLE pour la construction, à ses frais, d'une école privée de filles (2). L'assemblée communale, ce jour-là, accepta aussi la rente perpétuelle à verser par Mr de FRANQUEVILLE pour une soeur d'école et l'entretien de cette école privée de filles.
    Au cours de la même séance, plans et devis pour la maison d'école et le logement furent adoptés. L'architecte, auteur des plans et devis était Monsieur HERBAULT. Le montant du devis s'élevait à 800 F. Pour financer acquisitions et travaux, le principe d'un emprunt fut voté.
    Pendant un siècle, c'est là que sera l"école de Bovelles, avant la construction de l'école actuelle, rue L. LECLERCQ.

    (1) - Les bâtiments existent toujours, ce sont ceux de la propriété de Mr et Mme DHONDT.
    (2) - Les bâtiments existent toujours, ce sont ceux de la propriété de Mr et Mme FLIPO.


    année ?, Bulletin municipal n° .., pages 10 et 11


  • Qui était Charles de BOVELLES ?

  • Le hasard ... m'a aidé à trouver quelques renseignements sur cet homme.
    Charles de BOVELLES naquit à Sancourt, près de Péronne, en 1475, et fut l'élève de LEFEVRE d'ETAPLES, philosophe de la Renaissance, à partir de 1495.

    BOVELLES publia "L"Art des oppositions". Dans la préface de LEFEVRE d'ETAPLES, on peut lire : "BOVELLES atteint le second degré de la philosophie où le silence dit et où se taisent les mots." Voyage en Suisse, en Allemagne, et notre homme à cette époque renonça à la vie monastique, mais écrivit "Introduction métaphysique". A Rome, il eut des discutions sur la Trinité.
    En 1509, BOVELLES fut nommé chanoine à St-Quentin, puis à Noyon et dans cette ville sera ensuite professeur de théologie.
    L'an 1533 vit la publication des "Différences des langues vulgaires". BOVELLES s'éloigne de son maître LEFEVRE d'ETAPLES, trop impliqué dans la Réforme.
    "Les derniers dialogues : Immortalité et Résurrrection" sortirent en 1552.
    Charles de BOVELLES mourut en 1553. A Noyon ?
    Cet humaniste chrétien de la Renaissance écrivit beaucoup et sur des sujets variés :
    * ouvrage de géométrie, mais avec, semble-t-il, une mathématique fort élémentaire,
    * traités de mystique avec certains textes se rapprochant de la pensée aristotélicienne. On a pu parler de "Bovellisme" à propos de l'oeuvre de Charles de BOVELLES.
    Notre philosophe se souciait aussi de linguistique avec une préoccupation régionaliste. Il releva les différences entre le dialecte de Péronne et celui de St-Quentin. Ses ouvrages de 1533 "Liber de differentia vulgaris lingorum" et "Galii sermonis varietate" dénonçaient les prononciations vicieuses des Parisiens et les belgicismes de sa province natale. Et là, Charles de BOVELLES fut un censeur qui essaya de corriger les défauts de ses contemporains.
    Si l'oeuvre de Charles de BOVELLES connut quelque célébrité au 16ème Siècle, elle est tombée par la suite dans un oubli complet. Néanmoins une dissertation (1865), une notice (1865) et un article (1931) furent consacrés à ses écrits.

    Et le lien avec Bovelles, notre village, dans tout cela ?
    Pas d'éléments de réponse ! Si ce n'est, éventuellement, la signature de Charles de BOVELLES "bouelles carolus bovillus". Remarquons qu'à cette époque, et je l'ai écrit précédemment, Bovelles s'orthographiait Bouelles. Le hasard ne continuera-t-il pas à bien faire les choses ? (Depuis quelque temps, un lycée de Noyon porte le nom de Charles de BOVELLES).
    Sources : Dictionnaire des difficultés de la Langue française (Larousse)
    Histoire de la Philosophie, Tome II (La Pléiade)



    année ?, Bulletin municipal n° .., pages 11 et 12


  • Un peu d'histoire

    "C'est dans cette incursion, on se le rappelle, que les Normands tuèrent à Longueau le seigneur de Boves, Anobert III, beau-frère d'Hildevert IV.
    Hildevert perdit encore un autre parent, en 898, Hugues, son oncle, mort abbé de St-Thierry de Reims.
    Il fut en outre témoin de la guerre qui éclata entre Gallon II, seigneur de Creuse, et Hubert, seigneur de Clairy, d'une part, et Odon, seigneur de Villers, de l'autre, guerre dans laquelle l'un des 2 alliés, Gallon de Creuse, trouva la mort. Gallon était aussi oncle d'Hildevert.
    Celui-ci mourut à son tour en 913. Il avait épousé Hermence, fille de Madalan III, seigneur de Bovelles (Bovaliæ, Bavalliæ), fondateur de l'église de ce village, où il fut enterré, en mars 892 avec Ida, sa femme. Quant à Hermence, elle mourut après 921, laissant de son mariage avec Hildevert IV, 3 enfants, savoir :
    1) Hildevert V, qui suivra ;
    2) Hubert, seigneur du Pont (depuis nommé Pont-de-Metz), et du Fort, près Amiens, mort en octobre 947 ;
    3) Hubertine, morte après 954, épouse de Robert, seigneur de Pissy (Pissiacum), et mère de Hugues, qui hérita du domaine de Pissy, en 954."
    Abbé J. CORBLET
    Hagiographie du Diocèse d'Amiens, Tome III, 1873
    Document remis par Mademoiselle Isabelle CATTEDU, chef de chantier des fouilles archéologiques de l'A 16, et qui a séjourné un certain temps à Bovelles.

    Que nous apprend ce document quant à Bovelles et pour la période fin du 9ème Siècle - début du 10ème Siècle ?

    - qu'il y avait pléthore de seigneuries (Boves, Creuse, Clairy, Bovelles, Pont-de-Metz, Pissy, etc ...)
    - que ces nobles personnes se faisaient souvent la guerre et avec pas mal de morts, semble-t-il !
    - que ces hobereaux durent batailler contre les Normands ou Vikings, envahisseurs venus de Scandinavie qui remontèrent la Somme et pillèrent les Abbayes de St-Riquier et de Corbie,
    - que le seigneur de Bovelles, mort en 892, était Madalan III, fondateur de l'église de Bovelles,
    - que le nom de notre village, à cette époque, était Bovaliæ ou Bavalliæ.

    Ce document nous apporte donc quelques renseignements bien sûr intéressants mais il amène à se poser des questions :

    * L'église du village dont il est fait mention, où était-elle ? Sûrement pas à l'emplacement de l'édifice actuel. Alors, est-ce la chapelle du cimetière ?
    * Ces nobliaux devaient avoir castel ou manoir. Où était-il ? Assurément point à l'emplacement du château actuel ! Alors où ?
    * Que nous apporte Bovaliæ ou Bavalliæ pour l'étymologie du nom de notre village ?



    juin 1996, Bulletin municipal n° 26, page 12


    Un peu d'histoire locale

    J'ai feuilleté, dernièrement, le Registre des délibérations du Conseil Municipal concernant le début du siècle dernier. On y trouve, bien sûr, des informations concernant la vie de notre village. Petite histoire, peut-être ! Mais n'est-ce pas avec elle que l'on rejoint la grande, l'Histoire tout court ?

  • Ainsi, le 30 frimaire de l'An 9 de la République, le citoyen Jacques Georges PAYEN, "ministre du culte", a prêté serment de fidélité à la Constitution devant la municipalité de Bovelles (Bovelles n'eut point de prêtre réfractaire).
  • Le 3 juillet 1806, le sieur DEFRANCQUEVILLE, "propriétaire", a reçu commission de Maire de par l'Empereur (Napoléon I) et il a dû prêter serment à l'Empereur, déclarer obéissance à la Constitution de l'Empire et fidélité à l'Empereur. (Le maire n'était pas élu, mais nommé par l'exucutif.)
  • En 1831, tous les conseillers municipaux ont prêté serment de fidélité au Roi (Louis-Philippe), obéissance à la Charte Constitutionnelle et aux Lois du Royaume. Il en sera de même en 1837, en 1840.
  • En 1839, le Conseil Municipal décide l'achat d'une pompe à incendie et rejette la demande de Mr ROMANET pour le rachat de la servitude imposée par l'écoulement des eaux de la mare. (Cette servitude existe toujours, c'est le trop-plein de la mare qui s'écoule vers la propriété de Mr PERDU.)
    Cette année-là verra aussi le Conseil Municipal opter pour une école de filles tenue par une soeur d'école, vu que "la réunion des 2 sexes dans les écoles primaires avait des inconvénients bien reconnus".
  • Dans ce registre, et plusieurs fois, le Conseil Municipal prend une délibération quant aux conseillers municipaux retardataires (1/4 d'heure = 50 centimes d'amende, 1/2 heure = 1 franc d'amende).
  • En 1841, le Conseil Municipal a décidé de contribuer financièrement à la construction du "Chemin de Sénarpont". (C'est actuellement le C.D. 211.)

  • A noter que les délibérations importantes étaient prises par le Conseil Municipal et par les 10 plus fort imposés de la commune !
  • Plusieurs fois, le Conseil s'est penché sur le problème de la mendicité dans le village et sur les moyens de l'éradiquer.

    J'aimerais maintenant revenir sur un article du bulletin précédent consacré à l'étymologie de Bovelles.
    Il est intellectuellement séduisant de se rapprocher de "bove". En effet, un dictionnaire d'ancien français rappelle que "bove" signifie trou, caverne, cachette. Mais il faut être prudent car par le passé on trouvait dans les écrits Bouelle(s), Boyelle(s), Botvelle(s). L'hypothèse avancée tient-elle ? A voir ! "Notre passé est une aventure", a dit MALRAUX.



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